Archives de catégorie : Appels

Découvertes européennes du Pays Basque aux XIXe et XXe siècles

Découvertes européennes du Pays Basque aux XIXe et XXe siècles. Anthropologie, Linguistique, Arts

Journées d’étude organisées par Céline Trautmann-Waller (EPHE-PSL) et Sandrine Maufroy (Sorbonne Université) les 11 et 12 mars 2027 – Campus Condorcet, Aubervilliers.

Ces journées d’étude s’inscrivent dans un ensemble de projets qui comprend notamment la traduction du récit de voyage de Wilhelm von Humboldt au Pays Basque. Elles prennent pour point de départ ce texte et se proposent d’explorer les contextes de sa rédaction et de sa réception, et d’étudier les prolongements qu’il a pu avoir dans des domaines aussi divers que l’anthropologie, l’ethnologie, la linguistique, la littérature, les arts et la politique. Après la découverte du Pays Basque lors d’un voyage en famille à travers la France et l’Espagne (1799-1800), Wilhelm von Humboldt décide d’y retourner l’année suivante pour un deuxième séjour plus exploratoire. Il souhaite étudier la région et ses habitants sous tous les angles. Alors que ses premiers travaux consacrés à des langues ou des cultures étrangères concernaient majoritairement la Grèce antique, connue uniquement à travers les livres, il cherche cette fois-ci à mettre en relation, sur le terrain, géographie et histoire, constitutions politiques, moeurs, pratiques linguistiques et artistiques. Humboldt prévoyait d’écrire tout un ouvrage « sur la langue et la nation basque ». Il y a travaillé tout d’abord de 1801 à 1805, laissant un manuscrit d’environ 200 pages, aujourd’hui perdu, qui combine récit de voyage et descriptions ethnographiques et n’a été publié que de manière posthume. On s’accorde aujourd’hui à reconnaître que la découverte du Pays Basque a joué un rôle important dans l’évolution de la pensée et des recherches empiriques de Wilhelm von Humboldt, orientant son projet anthropologique vers la linguistique et plaçant la notion de diversité des langues et des peuples en son cœur. Les Basques, ou Remarques faites pendant un voyage à travers la Biscaye et le Pays basque français au printemps de l‘année 1801, accompagnées d’observations sur la langue et la nation basques et d’une brève description de leur grammaire et de leur lexique représente en quelque sorte un tournant, un ouvrage qui s’inscrit dans la tradition des récits de voyage, mais propose une approche originale en cherchant à relier les multiples aspects observés. Ce texte constitue la première partie d’un projet qu’il a réalisé en partie ultérieurement à travers deux publications, l’une sur la langue basque en 1817, l’autre sur l’histoire antique du peuplement de la péninsule ibérique en 1821. Cet ensemble de travaux ouvre sur une série de questions auxquelles la journée d’études pourra contribuer à répondre :

  • Humboldt offre ici un exemple d’‘exploration’ d’une population européenne. Il instaure des parallèles entre les habitants du Pays Basque et ceux d’autres régions comme la Bretagne en France ou les Highlands en Écosse. En allant au-delà de son texte, on pourra se demander quel rôle l’anthropologie culturelle du Pays Basque a joué dans les débuts de l’ethnographie ou de l’ethnologie et des études folkloriques, et quelles ont pu être les interactions entre ce domaine de recherches et l’étude d’autres contrées et d’autres peuples.
  • Humboldt insiste sur la particularité évidente de la langue basque et sur la volonté tenace des Basques de conserver leurs traditions et leurs institutions. Quel a été l’impact des politiques centralisatrices, en particulier linguistiques, de la Révolution française pour le Pays basque français ?
  • Les études sur la langue basque se développent dans la deuxième moitié du XIXe siècle, notamment en Allemagne et en Autriche avec les travaux de Carl August Friedrich Mahn, August Friedrich Pott ou Hugo Schuchardt. Quelles questions la langue basque pose-t-elle en termes de classification, de grammaire comparée, d’ethnolinguistique ? – Quel rôle les représentations du Pays Basque ont-elles-joué dans différents mouvements artistiques et littéraires européens, et notamment dans le romantisme ? – Traduit en espagnol dès 1923/24, le texte de Humboldt sur les Basques ne l’avait jamais été en français. Quel rôle ses recherches ont-elles joué pour l’engagement en faveur d’un renouveau basque et l’indépendantisme ? – Comment la « découverte » du Pays Basque au XIXe et au début du XXe siècle s’est-elle traduite institutionnellement (fondation de musées et d’académies, relevés patrimoniaux) ? A-t-elle donné lieu à des coopérations transfrontalières entre le côté français et le côté espagnol ou constate-t-on au contraire des décalages temporels ?

Les propositions de communications sont à envoyer à :

Sandrine Maufroy (sandrine.maufroy@sorbonne-universite.fr) et Céline Trautmann-Waller (celine.trautmann-waller@ephe.psl.eu) avant le 15 mai 2026.

Langues de travail : français, allemand, anglais

 

Journée d’études doctorales du laboratoire Saprat

Appel à communication

Journée d’études doctorales du laboratoire Saprat

Dans le cadre de la journée d’étude doctorale de l’unité Saprat, nous effectuons un appel à communication auprès des doctorants. Cette année, le thème retenu est celui de l’école, envisagée à la fois comme institution, comme mouvement de pensée et comme modalité de transmission du savoir.


Les propositions de communications, d’environ 1 500 signes, seront à faire parvenir à l’adresse jed.saprat@gmail.com au plus tard le 15 décembre 2025.

La journée d’études se déroulera le jeudi 2 avril 2026 à la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) – 54 Boulevard Raspail, 75006 Paris 6e.

>>> Pour en savoir plus et télécharger l’appel à communication

Appel à Candidature HMDA 2025-2026

 Hebrew Manuscripts in the Digital Age: Palaeography, Edition, Cataloguing

Applications open for 2025-2026 HMDA course

 

The École Pratique des Hautes Études within Paris Sciences Lettres University, is inviting applications from French and international research students for an online course cluster “Hebrew Manuscripts in the Digital Age: Palaeography, Edition, Cataloguing”. The course cluster can be validated as an EPHE diploma or be an audited addition to the degree the students undertake elsewhere. Its aim is to provide the participants with traditional and digital skills and some understanding of computational possibilities in Hebrew Manuscript Studies.

“Hebrew Manuscripts in the Digital Age: Palaeography, Edition, Cataloguing” will introduce the students to the current research methods and provide them will necessary basic skills to undertake a research project on medieval Hebrew manuscripts.

The course is held entirely online, in English. Lectures are followed by discussions.

In addition to the online seminars, students are encouraged to acquire practical skills by contributing to one or more of the digital projects:

The teaching consists of three one hour seminars a week between November 17th 2025, and June 3rd 2026 (excluding EPHE holidays)

  • Monday 6 pm – 7 pm (Paris time)

Introduction to Medieval Hebrew Palaeography: typology and dating of manuscripts with the help of traditional methods and digital tools

  • Wednesday 5 pm – 6 pm (Paris time)

From automatic transcription to digital scholarly edition

  • Monday 7.15 pm – 8.15 pm (Paris time)

Cataloguing of medieval Hebrew manuscripts: codicology, fragmentology, scientific approach to book materials, online cataloguing

The course is open to:

  • Students of Master and Doctorate of the EPHE
  • French and International students in Hebrew and/or Jewish Studies accepted by the project and the EPHE to prepare a graduate diploma of the EPHE
  • French and International students accepted by the project and the EPHE to audit the course

 

Applications:

  • Students enrolled at the EPHE, please register by writing to Tali Schlanger at: hdma@ephe.psl.eu
  • Candidates for the graduate diploma and auditors: the application process includes two stages:
    • Acceptance by the professors of the project
    • Registration by the EPHE

For the acceptance by the professors, please send to hdma@ephe.psl.eu the following:

Letter explaining your motivation for joining the course

CV and a list of publications (if any)

Letter of recommendation by one of your teachers

Please specify whether you wish to prepare a diploma of the EPHE or to audit the course

 

Deadline: 25 October 2025

Once accepted by the professors, please register online at the EPHE: https://www.ephe.psl.eu/formations-conferences/nos-conferences

>>> Pour plus d’informations et la composition du dossier de candidature à retourner

Les économies de la guerre aux époques médiévale et moderne – Appel à candidatures

Les économies de la guerre aux époques médiévale et moderne

Appel à candidatures – 13e école d’été d’histoire économique

 

Date limite : 27 mai 2025

 

La 13e école d’été d’histoire économique qui se réunira à Suse (Piémont, Italie) les 25, 26 et 27 août 2025 aura pour thème « Les économies de la guerre aux époques médiévale et moderne ». Cette thématique permettra de poursuivre et d’approfondir celles qui ont été développées les années précédentes (la valeur des choses, la pauvreté, les biens communs, les moyens de paiement, la qualité, l’organisation du travail, les écritures de l’économie, entreprendre, la circulation des savoirs, le risque, les espaces du commerce, les économies de la nature). La 13e école d’été d’histoire économique se propose d’aborder le thème fondamental de la guerre qui est une donnée permanente de la vie économique aux époques considérées. Elle agit sur les sociétés par une multiplicité de facteurs. Elle détruit, d’abord récoltes, habitats et infrastructures.
Elle entraîne l’organisation de transferts de richesses mobilières par les pillages et les rançons et représente de ce fait un facteur d’appauvrissement des populations. Mais ces phénomènes ont leur revers. La guerre est aussi un facteur d’accélération de la circulation des richesses et de l’amélioration des techniques, particulièrement la sidérurgie, mais pas uniquement. Elle entraîne aussi l’apparition et le maintien de groupes sociaux entiers qui vivent alternativement de solde et de pillages. L’apparition d’un métier qui accapare la fonction militaire marque une rupture avec une société où le combat définit un état à l’intérieur de la société et non une activité propre à certains corps de l’État. L’existence de l’armée implique la permanence de l’impôt et, par conséquent, est l’un des facteurs de la mise en circulation des richesses par le biais de la ponction fiscale.

 

>> Pour plus d’informations sur les modalités et pour télécharger l’appel à candidature

Appel contrats doctoraux ou post-doctoraux en Paléographie hébraïque

Call for Applications

Two Doctoral or Post-Doctoral Research Contracts in Medieval Hebrew Palaeography
ERC Synergy MiDRASH (Grant N° 101071829)

Date limite: 30 avril 2025

The École Pratique des Hautes Études, PSL-University in Paris, France, is inviting candidates for two Doctoral / Post-Doctoral scholarships in the field of Hebrew Palaeography and Manuscript Studies. The successful candidates on a doctoral level will prepare their doctorate at the EPHE, PSL, under the supervision of Professor Judith Olszowy-Schlanger and will join the team led by her in the framework of the ERC Synergy project MiDRASH (Migrations of Textual and Scribal Traditions via Large-Scale Computational Analysis of Medieval Manuscripts in Hebrew Script). On a post-doctoral level, candidates will work part time on a monograph on the following topic and part-time on the implementation of the palaeographical annotations of the digital Hebrew Palaeography Album (HebrewPal).
We invite doctoral/post-doctoral proposals on individual topics within the following broader fields:

  • Palaeography 1: “Medieval Hebrew Liturgical Manuscripts: Between France and Germany”
  • Palaeography 2: “The Mishnah, the Talmud and their Commentaries: Codicology, Palaeography and Book History”

>> Pour plus d’informations et télécharger cet appel

Les Rencontres des Arts Décoratifs – Appel à communication

Les Rencontres des Arts Décoratifs

Arts décoratifs, Mode, Design, Jardins autour de 1925

Appel à communication

 

Les relations entre les arts, les métiers et l’industrie suscitent aujourd’hui un très grand intérêt. Cours, séminaires et conférences se multiplient, nous incitant à approfondir les connaissances et à débattre autour de questions méthodologiques, théoriques, patrimoniales et techniques. Les Rencontres des Arts Décoratifs entendent contribuer à la structuration de ce champ relativement récent de l’histoire de l’art en donnant une visibilité à la jeune recherche. L’université, les écoles d’art et d’architecture ainsi que les institutions patrimoniales publiques et privées sont appelées à nourrir ces échanges. Étudiantes et étudiants titulaires d’un Master 1 ou d’un Master 2 (soutenu depuis moins de deux ans), doctorants et jeunes docteurs font découvrir à un large public des collections et des fonds inédits, des créations encore ignorées, des techniques oubliées, des courants esthétiques méconnus. Les analyses et les discussions sont introduites et animées par des spécialistes reconnus pour l’acuité de leur regard et la singularité de leur approche. Chaque rencontre peut être suivie par des visites d’exposition, de fonds d’archives ou de collections. Le lieu qui nous accueille – le musée des Arts décoratifs de Paris – est hautement emblématique : conçu au milieu du XIXe siècle pour instruire artistes, artisans et ouvriers d’art, diffuser les savoirs et promouvoir la création contemporaine, il est le cadre le plus approprié pour mettre en lumière les dimensions multiples du « faire » qui, encore aujourd’hui, vivifient la production des objets. Réunis à l’occasion de ce rendez-vous annuel, jeunes chercheurs, enseignants, professionnels et amateurs sont incités à mener ensemble une réflexion historique, critique et prospective, sur les chemins croisés de la conception des formes, de la fabrication des choses et de l’aménagement des espaces de vie.

L’année 2025 marque le centenaire de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, qui s’est tenue à Paris du 28 avril au 30 novembre 1925. Le musée des Arts décoratifs met l’Art Déco à l’honneur en cinq temps :

    • une exposition-dossier consacrée à Ruhlmann décorateur qui accompagne l’inauguration du Cabinet des Dessins, Papiers peints et Photographies, du 5 mars au 8 juin 2025 ;
    • une rétrospective Paul Poiret, du 25 juin 2025 au 11 janvier 2026 ;
    • un grand bal célébrant la mode et l’art de vivre à la française, le 6 juillet 2025 ;
    • une exposition du centenaire de 1925, du 25 octobre 2025 au 29 mars 2026 ;
    • le réaccrochage des salles Art Déco du parcours permanent du musée.

Plus largement, différentes rencontres et numéros spéciaux de revue vont commémorer en France cette exposition considérée fondatrice, du moins sémantiquement, puisqu’elle a donné son nom à ce que l’on a appelé rétrospectivement l’Art Déco. La journée d’études (jeudi 10 avril 2025) permettra d’approfondir la connaissance de l’exposition elle-même, de ses acteurs, des aspirations esthétiques variées qui s’y déploient, de ses réussites comme de ses échecs. Elle invitera également à réfléchir aux questions de chronologie et de définition que soulève la locution « Art Déco », laquelle entend saisir tour à tour un style ou une période, qui ne naissent pas en 1925 mais qui trouvent dans l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes une forme d’aboutissement. Comme les Rencontres précédentes, cette quatrième manifestation entend s’inscrire dans une perspective large, ouverte à toutes les approches. Le sujet est envisagé dans ses liens avec les arts décoratifs, mais aussi l’architecture, l’art des jardins, le design, la mode, le graphisme, le cinéma… Les propositions pourront aller d’études de cas à des histoires croisées qui embrassent la dimension internationale de cette problématique. Elles peuvent s’étendre aux courants esthétiques qui se développent parallèlement à l’étranger. L’appel est ouvert aux propositions de jeunes chercheurs internationaux. Les propositions d’intervention d’environ 2500-5000 signes (espaces compris), ainsi qu’une bio-bibliographie sont à envoyer avant le 15 décembre 2024.

>>> Pour plus d’information et télécharger l’appel à communication

Contrats doctoraux en paléographie hébraïque médiévale

Appel à candidature

Deux contrats doctoraux en paléographie hébraïque médiévale

ERC Synergy MiDRASH

 

L’École Pratique des Hautes Études, PSL-Université de Paris, France, lance un appel à candidature pour deux contrats doctoraux dans le domaine de la paléographie hébraïque et de l’étude des manuscrits. Les candidat(e)s retenu(e)s prépareront leur doctorat à l’EPHE, PSL, sous la direction de Professeure Judith Olszowy-Schlanger et rejoindront l’équipe qu’elle dirige dans le cadre du projet ERC Synergy MiDRASH (Migrations of Textual and Scribal Traditions via Large-Scale Computational Analysis of Medieval Manuscripts in Hebrew Script). Nous sollicitons des projets de thèse sur des sujets spécifiques dans les domaines de recherche suivants : Paléographie 1 : « Manuscrits liturgiques hébraïques médiévaux : entre la France et l’Allemagne » Paléographie 2 : « La Mishna et ses commentaires : codicologie, paléographie et histoire du livre »

Les doctorants sélectionnés travailleront sur un sujet de recherche original en préparation de leur doctorat pendant 80% de leur temps de travail, et participeront à l’annotation d’échantillons paléographiques de manuscrits hébreux médiévaux pour l’album de paléographie hébraïque en ligne (HebrewPal) (https://www.hebrewpalaeography.com/) pendant les 20% de temps restants. Ils assisteront à un séminaire de recherche hebdomadaire et co-organiseront/participeront à une conférence annuelle d’étudiants en études de manuscrits hébraïques à l’EPHE.

Pour postuler :

Envoyer (sous la forme d’un seul fichier PDF avec votre nom et MiDRASH, en précisant le champ Paléographie 1 ou Paléographie 2) :

  • Lettre de motivation (1 page maximum)
  • Projet de thèse (5 pages maximum, bibliographie comprise)
  • CV
  • Liste des publications, s’il y a lieu
  • Relevé de notes officiel des résultats du Master
  • Exemple d’un travail écrit (environ 15 pages)
  • Deux lettres de recommandation de personnalités académiques de haut niveau

À : Judith Olszowy-Schlanger à l’adresse : judith.schlanger@ephe.sorbonne.fr et à Sarah Fargeon à l’adresse : sarah.fargeon@ephe.psl.eu au plus tard le 30 mai 2024 à minuit, heure d’été d’Europe centrale.

Pour télécharger l’appel à candicature complet en français

To download the call for applications in english

Contact :

Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à Judith Olszowy-Schlanger, judith.schlanger@ephe.sorbonne.fr

Collecting, Growing, and Exploring in Early Modernity

 

Collecting, Growing, and Exploring in Early Modernity

Journée d’étude internationale

 

 

 

 

 

Paris, EPHE Sorbonne, salle J. Delamarre D059, 11 June 2024

Au cours des dernières décennies, de nombreuses études ont été consacrées à la relation entre collectionnisme et science, mettant en évidence le lien entre l’intérêt croissant pour la botanique et la fascination pour les collections de naturalia, en particulier à partir du milieu du XVIe siècle. Ces objets d’origine naturelle ont suscité l’admiration des amateurs et des scientifiques. Cette passion pour le collectionnisme s’est étendue à différents secteurs de la société: le jardin académique de l’Université de Leyde comprenait un ambulacrum abritant des spécimens de plantes séchées, des fossiles et des animaux taxidermisés (Egmond 2010); les artistes conservaient des collections d’objets rares non seulement pour les utiliser dans leur atelier, mais aussi pour satisfaire leur curiosité personnelle (Rijks 2022); et la collection de coquillages de Petronella de la Court était représentée dans sa maison de poupée très prisée, et mentionnée à plusieurs reprises dans le texte fondateur de Georg Eberhard Rumphius, D’Amboinsche Rariteitkamer (Powell-Warren 2023). En effet, l’intérêt pour les collections a même engendré son propre genre de peinture de natures mortes. L’intérêt pour ces merveilles de la nature et le désir de les posséder dépassent souvent la “simple” collecte de spécimens, d’échantillons séchés ou de coquillages obtenus lors d’échanges et d’achats. En effet, ils pouvaient souvent aller jusqu’à pousser ceux qui possédaient des jardins ou des parcs à se lancer dans des expériences botaniques qui conduisaient à tenter de faire pousser des fleurs et des fruits tropicaux, même si c’était dans des climats défavorables et sur des terrains hostiles, et même à promouvoir des expéditions scientifiques pour étudier et collecter des spécimens dans des contrées lointaines et exotiques.

Des études plus récentes ont soulevé et traité plusieurs questions concernant les pratiques de collecte, l’intersection entre la collecte et la science, et même la participation des femmes à la création de collections. Parmi d’autres ouvrages novateurs, les suivants peuvent être mentionnées Possessing Nature (Findlen 1994); Visible Empire. Colonial Botany and Visual Culture in the Hispanic Enlightenment (Bleichmar 2012); Objects in Motion in the Early Modern World (Bleichmar et Martin (eds.) 2015); Conchophilia (Bass et al. 2021); Rarities of these Lands (Swan 2021); et Women and the Art and Science of Collecting (Leis et Wells, eds., 2021). Ce qui n’a pas encore été exploré, c’est la mesure dans laquelle la collection et l’expérimentation et l’exploration scientifiques étaient liées au début de la période moderne, si tant est qu’elles l’aient été.

Cette journée d’étude vise donc à attirer l’attention sur les collections de naturalia, d’une part, et sur les tentatives de cultiver des plantes exotiques en Europe et les voyages aventureux que la recherche de plantes et d’animaux tropicaux a encouragés, de l’autre. Les organisatrices de cet atelier (Maddalena Bellavitis et Catherine Powell-Warren) invitent à des contributions interdisciplinaires abordant le sujet du point de vue de chaque discipline, de l’histoire de l’art à la culture matérielle, de la botanique à la gastronomie, de la littérature de voyage à la cartographie. Les propositions dont le protagoniste est une femme sont particulièrement encouragées, car l’importance de la contribution féminine à ce sujet, bien que démontrée, reste insuffisamment étudiée et publiée.

Pour être pris en considération, veuillez fournir un document pdf comprenant une proposition d’une page en anglais pour une présentation de 20 minutes d’une recherche originale et non publiée, ainsi qu’une courte biographie. Les candidatures peuvent être envoyées avant le 15 janvier 2024 à maddalena.bellavitis@gmail.com. Les participants seront informés au début du mois de février.

Appel à projets

Chaire Beauté.s: Beautés vitales – Appel à projets

 

La Chaire Beauté.s apportera son soutien financier à 2 ou 3 projets de recherche collectifs en cours d’élaboration qui développent une réflexion articulée autour des enjeux de beauté et de vie.

À partir de la problématique de la beauté vitale, les projets pourront aborder plus spécifiquement les sous-thèmes suivants: Beauté et écologie ; beauté et soin ; beauté et innovation ; beauté et actualités sociétales

Le projet devra décliner par son inventivité et sa singularité une conception de la beauté à même de dialectiser les défis auxquels nous seront confrontés dans le futur, et d’ainsi articuler projection esthétique et enjeux éthiques, technologiques, écologiques et culturels.

Critères de sélection

L’évaluation et la sélection des projets seront assurées par un comité scientifique ad hoc et porteront principalement :

  • Sur leur dimension collaborative et transdisciplinaire, mettant en jeu des petites équipes de 3-6 personnes (dont le chef de projet est statutaire dans une institution de recherche ou établissement d’enseignement supérieur français et basé en France, les autres membres pouvant être doctorant, post-doctorant ou chercheur sans affiliation en France ou à l’étranger), nouvellement constituées autour de la thématique « Beautés vitales ».
  • Sur l’originalité de la problématique et de la démarche prêtant une attention particulière aux dimensions transdisciplinaires et internationales des projets.
  • Sur la dimension prospective de la démarche, sa capacité à inventer de nouveaux paradigmes pour penser la beauté, et son inscription dans le champ des réflexions contemporaines.
  • Sur l’objectif de réalisation du projet et sur sa faisabilité dans le temps imparti : expérimentations, livrables, événements, colloques, etc.
  • Ces projets pluridisciplinaires et collectifs auront pour ambition d’enclencher une réflexion internationale et seront évalués en fonction de leur capacité à initier des dynamiques intégratives de recherche.
  • Les projets déjà cofinancés seront valorisés.

Dossier de candidature

Le dossier de candidature doit comporter les pièces suivantes :

  • Description détaillée du projet (5000 mots maximum) comprenant la problématique, la méthodologie et les objectifs du projet.
  • CV détaillés et actualisés du chef de projet et des membres de l’équipe.
  • Bibliographie liée au projet.
  • Budget prévisionnel avec calendrier précis.

Le dépôt de candidature se fait à l’adresse suivante : chaire.beautes@psl.eu

Clôture de l’appel: 30 avril 2024 à minuit

>>> Pour télécharger le formulaire et pour des informations complémentaires

Journée d’études doctorales du laboratoire Saprat

Appel à communication

Journée d’études doctorales du laboratoire Saprat

Dans le cadre de la journée d’études doctorales de l’équipe d’accueil Saprat, nous effectuons un appel à communication auprès des doctorants du laboratoire. Cette année, le thème retenu est celui de l’expert et nous nous interrogerons sur son statut, ses compétences et son rôle.

L’expert, détenteur et acteur du savoir du Moyen Âge à nos jours

L’étude de la figure de l’expert ne semble être que peu développée en histoire en dehors du XXe siècle. Bien que présent dès le XIVe siècle, le terme d’esper – tiré du latin expertus – recoupe les notions d’un savoir « éprouvé, aguerri, qui a fait ses preuves » dans un domaine particulier. La notion d’expert, la teneur de son savoir ou ceux qui lui confèrent ce statut ont évolué depuis le Moyen Âge. L’articulation entre le savoir, sa mise en valeur ou la reconnaissance d’un groupe pour les compétences d’un individu ouvrent sur de nombreux axes possibles de réflexions.
Le détenteur d’une compétence et d’un savoir – qu’ils soient linguistique, artistique, scientifique, politique, philologique ou artisanal par exemple – se forment par l’apprentissage et l’emploi de connaissances et de techniques. Acquises de manière pratique ou théorique par son possesseur, ces connaissances sont alors considérées comme suffisamment savantes pour être sollicitées sur des points inhérents à son domaine d’expertise et de compétence. Au terme de sa formation, il peut mettre en œuvre au service d’un commanditaire – particulier, groupe ou puissance régalienne – son savoir constitué auprès d’un pair ou grâce à l’expérience et l’expérimentation.
Le statut d’expert vient se renforcer par ces nouvelles sollicitations, cadre dans lequel il peut mettre en pratique son savoir. Il se positionne alors comme référence et conseiller dans son domaine d’expertise, mais il n’est pas pour autant à l’abri d’une confrontation et d’une remise en question de sa position et des normes qu’il emploie, par exemple par la présence d’une autre école ou génération d’experts.
Les différents éléments présentés ici ne sont que quelques pistes d’ouverture et de réflexions autour de la notion d’expert, ils souhaitent ouvrir aussi de nouvelles pistes de réflexion qui soient adaptées aux recherches de chaque membre du laboratoire dans toute leur diversité. L’étude de la notion à travers le temps et les domaines de compétence de chacun permettra d’esquisser des tendances sur la nature des savoirs valorisés, la place et le rôle de l’expert dans les différentes périodes historiques et aires géographiques.
Cette journée d’études permettra aux doctorants de Saprat de présenter leurs recherches, leurs avancées mais aussi leurs problématiques à partir d’un exemple, d’un élément, ou d’une enquête.

Les propositions de communications, environ 1500 signes, seront à faire parvenir à l’adresse : jed.saprat@gmail.com .

Pour télécharger l’appel à communication