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Le savoir des acteurs du monde musical au XIXe siècle (1789-1914)

Journée d’étude

Le mercredi 8 avril 2026 se tiendra à l’Institut d’études avancées de Paris la journée d’étude “Le savoir des acteurs du monde musical au XIXe siècle (1789-1914)” organisée par Cécile Reynaud (Saprat, EPHE – PSL) et Lucas Berton (LUHCIE, Université Grenoble Alpes).

Cette journée d’étude s’intéresse au savoir et à la culture extramusicale des acteurs du monde musical au cours du XIXe siècle, qu’il s’agisse des compositeurs, interprètes, savants et théoriciens de la musique, critiques, chefs d’orchestre, éditeurs et directeurs de journaux, facteurs et luthiers, directeurs de salles ou encore des bibliothécaires. Afin d’évaluer l’étendue de ces connaissances, nous prendrons en compte les savoirs académiques comme les savoirs culturels. Si les textes écrits par et sur ces acteurs constituent des témoignages de première importance, les partitions peuvent, elles aussi, représenter une source essentielle, dont l’étude offre la possibilité de circonscrire des savoirs. Les multiples façons d’accéder au savoir seront prises en compte : cercle familial, études, cours publics ou privés, lectures, fréquentations, voyage, visites de musées ou d’ateliers d’artistes. L’émancipation sociale du musicien au XIXe siècle, par le passé bien souvent rattaché à des cours princières, des institutions ou des mécènes, a peut-être parallèlement favorisé une émancipation d’ordre intellectuel, alors que se développent dans le courant du siècle des moyens de démocratisation du savoir, comme la prolifération de journaux et de revues. En s’efforçant d’apporter une vision objective du savoir de ces acteurs du monde musical, cette journée permettra plus généralement de saisir, à travers la diversité des cas étudiés, ce que représente l’érudition, la science, la culture partagée et les possibilités de constitution du savoir au XIXe siècle.

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L’épopée au siècle de Berlioz (2024)

L’épopée au siècle de Berlioz

Cécile Reynaud et Gisèle Séginger (dir.)

Le Passage Éditions, 2024, 322p.

EAN: 9782847425185

 

L’Épopée au siècle de Berlioz interroge la place de l’épopée dans la littérature et la musique au XIXe siècle. Richement illustré, l’ouvrage, publié sous la direction de Cécile Reynaud et Gisèle Séginger, réunit un ensemble de contributions des meilleurs spécialistes du sujet.

Nombreux sont les auteurs ou musiciens – Nodier, Madame de Staël, Hegel, Liszt – qui, au début du XIXe siècle, déclarent l’épopée  » morte  » ou l’évoquent avec nostalgie. Pourtant l’épopée n’aura jamais été aussi présente qu’en ce siècle, dans la littérature ou l’opéra. Chateaubriand en 1809 dans Les Martyrs – œuvre qui inspirera Donizetti en 1840 – tente de renouer avec la grande épopée – souhaitant renouveler l’alliance de la foi et de l’épique. L’épopée littéraire se glisse aussi jusque dans les récits qui, dédiés à la représentation d’une réalité banale, semblaient devoir lui résister. Des sources nouvelles d’inspiration stimulent ce regain d’intérêt : Dante, Milton, ou encore Shakespeare, dont les tragédies sont mises à l’honneur par le drame romantique, contribuent à ce que l’épique dépasse désormais la séparation traditionnelle des genres.
Admirateur de Shakespeare, d’Homère et de Virgile, Berlioz conçoit d’ailleurs ses Troyens comme une œuvre moderne comprenant à la fois épopée et drame. Au XIXe siècle, l’épopée est donc multiple. Elle s’adapte aux nouvelles préoccupations d’un siècle souvent en quête d’identité nationale, elle prend en charge des réflexions sur la philosophie de l’histoire, elle revivifie d’anciens mythes comme celui de Prométhée ou des épisodes des guerres anciennes, comme la geste d’Hannibal, également évoquée par Berlioz à la fin des Troyens. Romantique nourri aux vers de L’Énéide de Virgile, qu’il retranscrira dans Les Troyens, Berlioz est emblématique de son siècle dans son rapport à l’écriture épique des mythes. Comme Edgar Quinet, qui l’admirait, et comme Chateaubriand, Hugo ou encore Flaubert, il écrit une œuvre que traverse le genre de l’épopée, nourrie de mythes issus de la culture qu’il partage avec ses contemporains ou qu’il crée lui-même de toutes pièces.

Berlioz et Paris (2023)

Cécile Reynaud (dir.)
Berlioz et Paris
 
Actes Sud, 2023, 600p.
ISBN: 978-2-330-18305-9
Cet ouvrage collectif étudie les divers rôles que Paris a pu jouer dans la carrière de Berlioz, ainsi que les différentes images, entre fascination et amertume, qu’il a données de la ville où il habitait. Celle-ci occupe, à l’époque du compositeur, une place singulière parmi les capitales européennes. En raison de la centralisation qui s’est opérée de manière progressive sous l’Ancien Régime, elle concentre après la Révolution toutes les formes du pouvoir national : politique, économique, financier, intellectuel et culturel. Cette situation particulière la dote de ce rôle international bien connu de “capitale du xixe siècle”. Elle devient un lieu de passage obligé pour tout type de réussite sociale et le domaine artistique, notamment musical, apparaît comme l’un des champs sur lesquels cette prééminence s’exerce avec le plus de force.
Hector Berlioz illustre parfaitement l’importance de Paris dans la destinée d’un musicien : né en Dauphiné – région à laquelle il reste très lié sa vie durant par des attaches familiales –, il fait de cette ville le centre névralgique d’une carrière qui traverse la période romantique. Conscient du pouvoir ambigu de la capitale, il écrit d’ailleurs à son père dès 1846 : “Il n’y a au monde que Paris ; c’est une ville électrique qui attire et repousse successivement […].” Berlioz est aussi un grand voyageur et sait prendre ses distances avec son lieu de résidence : il passe un séjour de formation à l’Académie de France à Rome ; puis, s’éloignant à nouveau d’un Paris qui ne reconnaîtrait pas son talent, il fait entendre ses oeuvres dans les principales cités européennes. Sa vision du rôle de la capitale française change alors et ses critiques des normes de goût qu’elle impose au reste du monde deviennent vives.