Journée d’étude
Le mercredi 8 avril 2026 se tiendra à l’Institut d’études avancées de Paris la journée d’étude “Le savoir des acteurs du monde musical au XIXe siècle (1789-1914)” organisée par Cécile Reynaud (Saprat, EPHE – PSL) et Lucas Berton (LUHCIE, Université Grenoble Alpes).
Cette journée d’étude s’intéresse au savoir et à la culture extramusicale des acteurs du monde musical au cours du XIXe siècle, qu’il s’agisse des compositeurs, interprètes, savants et théoriciens de la musique, critiques, chefs d’orchestre, éditeurs et directeurs de journaux, facteurs et luthiers, directeurs de salles ou encore des bibliothécaires. Afin d’évaluer l’étendue de ces connaissances, nous prendrons en compte les savoirs académiques comme les savoirs culturels. Si les textes écrits par et sur ces acteurs constituent des témoignages de première importance, les partitions peuvent, elles aussi, représenter une source essentielle, dont l’étude offre la possibilité de circonscrire des savoirs. Les multiples façons d’accéder au savoir seront prises en compte : cercle familial, études, cours publics ou privés, lectures, fréquentations, voyage, visites de musées ou d’ateliers d’artistes. L’émancipation sociale du musicien au XIXe siècle, par le passé bien souvent rattaché à des cours princières, des institutions ou des mécènes, a peut-être parallèlement favorisé une émancipation d’ordre intellectuel, alors que se développent dans le courant du siècle des moyens de démocratisation du savoir, comme la prolifération de journaux et de revues. En s’efforçant d’apporter une vision objective du savoir de ces acteurs du monde musical, cette journée permettra plus généralement de saisir, à travers la diversité des cas étudiés, ce que représente l’érudition, la science, la culture partagée et les possibilités de constitution du savoir au XIXe siècle.
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La mort et le suicide sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de Berlioz, le sacrifice consenti est un thème particulièrement bien illustré par l’allégorie du Pélican dans « La Nuit de mai » de Musset, l’un des poèmes emblématiques du romantisme. La célèbre cantatrice la Malibran semble avoir incarné cette éthique en sacrifiant ses dernières forces pour son art. Musiciens et écrivains s’inspirent mutuellement sur ces thèmes. Berlioz compose ses Nuits d’été en mettant en musique six poèmes de La Comédie de la mort de Gautier. Il lit Les Orientales ainsi que Le Dernier jour d’un condamné de Hugo et leur approche de la violence a une influence sur sa propre œuvre. Marqué, par ailleurs, dans sa vie familiale par des deuils, et sans doute aussi par les récits des guerres napoléonienne, Berlioz compose une Symphonie funèbre et triomphale, qui déplore la violence tout en célébrant le triomphe révolutionnaire. La mort pourrait-elle donc être transcendée, vaincue ? Certains personnages de Sand le croyaient. Ce colloque interrogera les représentations de la mort et les discours sur le deuil. La mort peut-elle avoir un pouvoir créateur dans le sacrifice de soi ? Le deuil peut-il ouvrir sur une vie renouvelée, grâce à la palingénésie comme l’espérait Nerval ? La mort a de multiples visages. Elle est parfois mise en musique par Berlioz ou représentée par des écrivains comme Flaubert et Gautier avec des tonalités inattendues, grotesques, fantastiques. D’autres fois, elle relève d’une énergétique lorsqu’il s’agit de « mourir d’amour » chez Balzac, ou de porter à son suprême degré la vie chez Musset, dont les libertins ne consentent à la mort qu’à condition de vivre l’intensité d’une dernière jouissance. Ce colloque abordera les paradoxes inattendus et les représentations contrastées de la mort dans le siècle de Berlioz, en confrontant des représentations littéraires et des interprétations musicales.